Pourquoi Arnaud Tasiaux a toute sa place chez BAM… sans y être attaché
BAM rassemble des femmes et des hommes engagés qui échangent des idées stimulantes sur le présent et l’avenir du marketing. Et qui dit idées stimulantes, dit Arnaud Tasiaux. Il est Business Humanizer chez Innate Motion et membre actif du Think Tank Sustainability – « que j’espère voir disparaître bientôt ». Compte-rendu d’une rencontre passionnante.
D’où vient votre intérêt pour le marketing ?
« Le vrai rôle du marketing, ce n’est pas de pousser à la consommation, mais bien de convaincre et de mobiliser les gens. C’est cette dynamique qui m’a toujours captivé.
Mon parcours professionnel est passé par plusieurs étapes : j’ai été consultant en stratégie chez Accenture, j’ai travaillé dans le trade marketing, j’ai été responsable marketing, et j’ai acquis une expérience d’entrepreneur. J’ai lancé un restaurant, une société d’outsourcing pour experts retraités et une application digitale destinée à soutenir d’autres entrepreneurs.
En 2011, j’ai rejoint Innate Motion comme Business Humanizer. Qu’est-ce que cela signifie ? Dans un monde qui applique trop souvent une logique purement commerciale aux personnes, nous enrichissons le business par une logique humaine. »
Sur ton profil LinkedIn, on peut lire : « Humanize businesses and brands for meaningful growth ». Le lien avec BAM, qui promeut le meaningful marketing, paraît évident…
« Il faut savoir qu’Innate Motion opère à l’international, ce qui m’a permis, en voyageant beaucoup, de rencontrer des pairs et d’échanger des idées. La pandémie de Covid est venue bouleverser tout cela. En quête de nouvelles opportunités de réseau, je suis tombé sur la communauté BAM. Aujourd’hui encore, BAM est pour moi une excellente plateforme pour maintenir des contacts pertinents entre deux missions à l’étranger, et garder un œil sur ce qui se passe en Belgique.
Ce n’est pas forcément une question de valeurs communes : je ne suis pas attaché à l’organisation en tant que telle. Ce sont les personnes de BAM auxquelles je suis attaché. La force de BAM, ce sont les gens. »
Avez-vous un rôle spécifique au sein de BAM ?
« Depuis environ quatre ans, je fais partie du Think Tank Sustainability, qui se consacre à la création et à la diffusion de contenus au sein de la communauté. Cela reste essentiel : même si une approche plus holistique se développe et que de nombreuses entreprises prennent leurs responsabilités, il ne faut pas oublier que le consommateur moyen se soucie peu de durabilité. C’est le monde des entreprises qui, collectivement, doit impulser le changement. Et cela, il faut sans cesse le rappeler.
L’objectif est que tout le monde monte à bord de ce train – autant par peur de perdre des parts de marché si l’on ne se met pas à niveau, que par peur de manquer des opportunités. C’est pourquoi j’espère qu’un jour, ce Think Tank n’aura plus lieu d’être. Ce serait le signe que nous avons atteint notre but. »
Arnaud Tasiaux est également l’un des formateurs de la Meaningful Marketing Academy (mini-MBA). Le 7 octobre, lors de la première journée de la prochaine édition, il vous parlera de la puissance des marques et de leur capacité à se distinguer. Inscrivez-vous dès maintenant.
Quelle est, selon vous, la principale tendance marketing du moment ?
« On assiste à une évolution bienvenue : l’idéalisme, le sentiment de supériorité et le ton moralisateur cèdent la place à un certain pragmatisme – y compris dans le Think Tank dont je fais partie. On passe du prêche et du blâme à l’action. Imposer des règles peut parfois être nécessaire, mais ce qui compte encore plus, c’est d’inspirer les autres et de les entraîner dans cette dynamique. Sachant que le greenhushing – c’est-à-dire le fait de taire ses efforts de durabilité – peut être encore plus dangereux que le greenwashing, il faut faire comprendre aux entreprises que même les petits pas comptent.
Puisque le consommateur moyen ne se préoccupe pas vraiment de durabilité, le marketing doit lui aussi être pragmatique. Si vous développez des fishsticks croustillants à base d’un substitut durable au poisson, vous ne les vendez pas comme un produit qui va sauver la planète, mais comme de délicieux fishsticks croustillants que les enfants vont adorer. Ça, c’est du marketing. »