Cyber security et marketing
Le Marketing Technology s’impose à grande vitesse avec des applications marketing très concrètes comme les réseaux sociaux, les applications mobiles, la vidéo, la personnalisation, le « cloud » …. Ceci va de pair avec des innovations régulières et constantes. Nous parlons ici de la publicité mobile et sur les réseaux sociaux, le search, la programmatique, les apps, la vidéo, l’emailing, SEO, CRM, CMS, marketing automation, influenceurs, consumer expérience, sales automation, e-commerce… Et la Cyber Security dans tout cela ?
Il s’agit d’une évolution importante Une nouvelle enquête menée par BDO et WARC auprès de 750 annonceurs et agences sur les marchés américain, européen et asiatique indique que le marché Marketing Technology continue à grandir avec des entreprises spécialisées progressant avec +22% par rapport à l'an dernier. (Media marketing 14/10/2019)
Les entreprises utilisant la Marketing Technology, belges comme celles de toutes les régions du monde, dépendent chaque jour des technologies de l’information, de la communication et d’un Internet sécurisé, stable et fiable pour leurs activités. Avec de plus en plus de données à traiter. Il s’agit d’une explosion de données à traiter ! Associés à la reconnaissance faciale et à l’intelligence artificielle, les flux de données et les capacités de localisation de la 5G risquent de faire de l’anonymat un artefact historique. Aussi bien à des fins de surveillance gouvernementale que commerciales …
Plus de données en circulation signifie plus de risques et plus de possibilités d’attaque alors que la 5G inaugurera également de nouvelles applications plus sensibles de la technologie. Les ransomwares, les logiciels malveillants, le crypto détournement, le vol d’identité et les atteintes à la sécurité des données sont devenus monnaie courante. L’intensité des risques numériques peut être aggravée par la 5G parce qu’elle permet un usage plus intensif d’un volume accru de données qui sont utiles au marketing. Et le marqueter se doit de protéger ses données consommateur.
Un leader mondial, pour les infrastructures digitales, Huawei (Chine), inquiète fort le monde. Il est vrai, la nation qui remportera la course de la 5G assurera sa domination technologique sur le globe entier. Il est vrai que l’intérêt de Huawei (et du gouvernement chinois) de voir sa réputation et son leadership technologique continuer de grandir prévaut sur le risque d’être ruiné par des scandales tels que l’espionnage. Mais il est également vrai que l’entreprise est soumise à la législation chinoise obligeant les entreprises à coopérer avec l’appareil de renseignement comme les autres géants de la technologie par rapport à leurs législations respectives… Même en absence d’équipements Huawei, les systèmes peuvent toujours recourir à des logiciels développés en Chine reprogrammés à distance par des acteurs malveillants.
Plutôt que de se focaliser, en Europe, sur la sécurité de l’infrastructure du réseau 5G elle-même, il vaut peut-être mieux de créer par exemple un réseau virtuel sécurisé, superposé à l’infrastructure 5G et susceptible de fournir une sécurité de bout en bout. Ceci contrôlé et géré par les opérateurs de réseaux 5G.
Il y a lieu de se rendre compte que la fabrication européenne de puces électroniques, l’élément central de toute architecture informatique et donc du monde numérique, qui sont utilisées dans la production de processeurs tout comme dans celle d'équipements 5G, est crucial. L’Europe devrait donner plus de priorité à son autonomie stratégique, et utiliser ses propres ressources.
La confiance des citoyens dans les nouvelles opportunités apportées par la 5G ne pourra se passer d’une profonde réflexion sur l’éthique de la protection de la vie privée (notamment en ce qui concerne le tracking, la surveillance, la prise de décision automatisée et les Big Data). Et sur les standards mis en place par chaque type d’acteurs (gouvernements, services publics, entreprises…) pour s’y conformer.
Les gouvernements feraient mieux de reconnaître qu’une approche de responsabilisation des acteurs, qui soutient et encourage l’autorégulation, peut constituer une méthode à la fois plus souple et plus efficace pour la protection des données qu’une législation contraignante.
D’autre part les entreprises se doivent de garantir que les données personnelles soient adéquatement sécurisées à mesure que la technologie et les services évoluent. Comme toute industrie le marketing est concerné par la cybersecurity. Vous avez dit meaningful marketing ?
Qui est Ivan Vandermeersch ?
Ivan Vandermeersch est le Secrétaire Général de BAM (Belgian Association of Marketing) depuis juin 2017. Sa principale mission est le lobbying à tous les niveaux de pouvoirs tant en Belgique qu’à l’international. Ivan fait naturellement partie du BAM Expert Hub Legal mais est aussi impliqué dans le Expert Hub Marketing & Technology. En parallèle, il est également actif au sein de la FEDMA, la Fédération européenne du marketing direct et du marketing interactif (www.fedma.org), en tant que membre du conseil d’administration (précédemment vice-président et secrétaire général). Il est membre de la commission Digital Economy et Marketing & Advertising de l’ICC, International Chamber of Commerce (https://iccwbo.org/ ) Il blogue sur The Ivan Vandermeersch (https://paper.li/ivandermeersch#/ ) Daily et s’intéresse entre autres de près à la relation entre la vie privée et l’IA.